Additifs conservateurs : “Le Monde” et les médias mainstream se réveillent à peine

Chère lectrice, cher lecteur, 

Les médias se réveillent doucement en cette nouvelle année, 70 ans après les premières recherches sur un sujet qu’ils font passer pour neuf.

Prenez gare, Françaises et Français, et en particulier les lecteurs du Monde et les auditeurs de France Inter ! 

À partir du 8 janvier 2026, les additifs conservateurs sont (peut-être) devenus cancérogènes ! 

Article du Monde publié le 8 janvier 2026 au service Planète (1).

Dans cet article, la France apprend pour la première fois que les additifs conservateurs et les aliments ultra-transformés seraient dangereux pour notre santé…

Car oui, la journaliste affirme dès les premières lignes “qu’il s’agit des premières études épidémiologiques au monde à quantifier l’exposition aux conservateurs et le risque d’incidence du cancer et du diabète” (2).

Ce n’est pas comme si les premières études à ce sujet fêtaient déjà leur soixante-dixième anniversaire.

(Je me réjouis à l’idée de lire leur article intitulé “La Terre serait ronde ! Un comité d’experts français se réunit pour tirer les conclusions de leurs nouvelles études”…)

Additifs conservateurs : de quoi parlons-nous ?

Si vous êtes abonné à notre revue Secrets de Nutrition, je ne vous apprends rien et vous êtes déjà bien informés.

Nos journalistes publient depuis des années des articles au sujet de la dangerosité des aliments transformés et des additifs conservateurs. 

Secrets de Nutrition n°19, article du 19 décembre 2021.

Mais dans les autres journaux, à la télévision et à la radio, quand la question des additifs est “traitée”, c’est souvent dans un flou entretenu à dessein. 

Les consommateurs comme vous et moi sommes maintenus dans un trouble qui nous pousse au pire dans une errance alimentaire totale, au mieux dans une consommation pleine de contrition.

Je vous comprends, il est difficile d’y voir clair dans tout ce brouillard médiatique.

Faisons alors le point. 

  1. Oui, les additifs alimentaires sont partout et oui, il faut absolument en bannir certains, restez avec moi, je vous dis lesquels dans un instant ; 
  1. Non, ils ne sont pas tous mauvais, la traque aux “E” n’est pas systématiquement nécessaire.

Tout d’abord, reprenons les bases qui sont souvent méprisées par les médias. 

Sulfites, nitrites, nitrates… Un danger naturel ?

Prenons le temps de faire le point pour mieux comprendre le danger auquel nous faisons face depuis plus de 50 ans maintenant. 

Quand on entend des sulfites, nitrites et nitrates, il ne faut pas forcément paniquer. Ces substances sont naturellement présentes dans nos aliments, notamment dans les boissons alcoolisées (les sulfites sont issus de la fermentation), dans les légumes (les nitrates dans les épinards, les betteraves, les carottes, le céleri…), dans notre corps (les nitrites sont le fruit de la rencontre entre les nitrates et les amines).

Le problème, c’est quand ces substances sont ajoutées par les industriels pour modifier leurs préparations dans le but de prolonger leur conservation, d’en modifier la texture, la couleur ou le goût. 

Il n’est donc pas surprenant d’en trouver en grand nombre dans les aliments ultra-transformés dans les supermarchés et dans la “malbouffe” des fast-foods, etc.

330 à 340 additifs alimentaires sont recensés et autorisés par le Parlement européen et la Commission européenne. Les additifs sont divisés en plusieurs grandes familles dont les colorants, les conservateurs (dont il est question dans cette lettre), les antioxydants, les émulsifiants, les stabilisants, les édulcorants, les exhausteurs de goût… 

Le règlement du Parlement européen de 2008 sur les additifs alimentaires (3) les définit dans son article 3. 

Si vous ne savez pas quoi faire de votre journée et que vous cherchez désespérément un moyen de mourir d’ennui, vous pouvez lire les 346 pages de ce règlement pour tout savoir de la législation européenne à ce sujet. 

Si le cadre paraît strict et précis, les industriels continuent d’ajouter ces produits qui sont à l’origine de cancers du sein, de la prostate, du rein et bien d’autres ainsi que de diabètes de type 2, pour ne citer que quelques-unes de leurs conséquences tragiques.

Pour vous dire, seule la mention “contient des sulfites” est obligatoire pour les producteurs de vins et d’autres boissons alcoolisées si la teneur dépasse les 10 milligrammes par litre, mais l’indication du taux précis ne l’est pas ! 

Ainsi, les sulfites ajoutés après la fermentation pour empêcher l’oxydation de la boisson et pour bloquer les organismes indésirables passent sous le radar. 

Je prends l’exemple des sulfites à dessein. Avec les nitrites, ces additifs conservateurs font partie des substances les plus à risque pour la santé humaine quand ils sont ajoutés à nos aliments. Car si la nature ne l’a pas voulu ainsi, c’est pour une bonne raison. 

La main cupide des industriels est venue enrayer la mécanique parfaite de la nature pour nous offrir des produits à très longue conservation, des plateaux-repas savoureux et de la charcuterie délicieusement rosée.

Quels “E” mangez-vous sans le savoir ?

Vous n’avez qu’à prendre le premier paquet issu du commerce que vous avez sous la main, et vous trouverez des additifs dans la liste des ingrédients. En Suisse et dans tous les pays européens, ils commencent par la lettre “E” pour “Europe”.

J’ai fait le test avec un paquet de biscuits secs que je grignote parfois pendant la journée, et sans surprise : 

E339 et E500, du phosphate de sodium utilisé pour diminuer l’acidité d’une préparation et du carbonate de sodium, plus connu sous le nom de bicarbonate de soude, utilisé comme poudre à lever.

Devriez-vous vous inquiéter, si vous trouvez ces deux ingrédients sur vos paquets de biscuits ? 

A priori, non. Surtout pour l’E500. 

Je vous le disais, les conservateurs ne sont pas tous cancérogènes.

Le bicarbonate de soude (classé E500) est un ingrédient sûr, que vous utilisez peut-être déjà dans vos recettes à la maison. Le phosphate de sodium (classé E339), quant à lui, serait également sans risque en quantité limitée. (4) 

Il n’est pas classé comme étant cancérogène mais à l’excès, il est associé à des risques cardiovasculaires et des problèmes rénaux. (5)

Vous l’aurez compris, tous les additifs ne sont pas dangereux pour la santé. Le problème principal, ce sont les nitrites et les sulfites.

Ils sont ceux qui ont attiré l’attention toute récente des médias mainstream, et qui représentent un véritable danger pour votre santé : 

  • les nitrites et nitrates ajoutés dans les charcuteries, les poissons fumés ou salés, les plats préparés à base de viande. Ils sont utilisés pour inhiber la croissance de micro-organismes dans la matière organique, notamment le germe du botulisme et la salmonellose, ou encore pour donner la couleur rose à la charcuterie ;
  • les sulfites ajoutés dans les boissons gazeuses, jus de fruits, sodas industriels, les bases de préparation de vinaigrette, les produits de boulangerie industriels, les fruits confits, certains fruits secs, les boissons alcoolisées comme les vins et le champagne.

L’article du “Monde” dont je vous parlais en début de lettre alerte sur “l’effet cocktail” des additifs conservateurs. Selon une étude de l’Anses, les viennoiseries et les desserts surgelés (16%), les produits de traiteur frais (15%) et les glaces et les sorbets (12%) contiennent plus de dix additifs. (6)

Ils ouvrent enfin les yeux ! 

Ils n’ont que 70 ans de retard…

Les nitrites, nitrates et sulfites sont dans le viseur des journalistes depuis quelques jours. 

C’est une très bonne chose, mais ils se réveillent bien tard de leur longue nuit de plus de 70 ans.

La première étude ayant mis en évidence les dangers des nitrites date de 1963 (7).

Cette étude menée par deux chercheurs américains du département d’oncologie de l’école médicale de Chicago avait étudié les risques associés aux nitrosamines, ces composés cancérogènes issus de la réaction entre les nitrites et certaines protéines présentes dans le corps.

Et cette étude n’aurait pas été possible sans un premier papier publié par John M. Barnes et Peter N. Magee en 1956, il y a déjà 70 ans !

Dans cette étude majeure, ces chercheurs ont observé la croissance de tumeurs dans le foie des rats exposés aux nitrosamines. Le potentiel cancérogène de la substance chez les humains a été prouvé dans les années qui suivirent. (8)

Nous avons donc un recul scientifique de 70 ans à présent, et plus de 40 études ont été publiées sur le danger que représentent certains additifs conservateurs.

Pourquoi “Le Monde” s’est-il réveillé ce 8 janvier 2026 ? 

Car les résultats viennent d’une étude qui a été financée par pas moins de six instituts nationaux, l’étude NutriNet-Santé

Menée entre 2009 et 2023, les résultats de cette étude ont été publiés dans le prestigieux British Medical Journal (9) et certaines des conclusions ont été rapportées par le journal Nature (10). 

Pour que vous puissiez vous y repérer, voici ce qu’il faut retenir de cette étude. 

Par ordre de dangerosité pour la santé humaine, que :

  • le nitrite de sodium (E250, charcuteries et viandes transformées) serait associé à une augmentation de plus de 30% de cancer de la prostate chez les consommateurs ;
  • le nitrite de potassium (E252, présents dans la charcuterie, les fromages, les conserves) étaient corrélés à une augmentation de 20% des cancers du sein et d’autres cancers
  • le sorbate de potassium (E202, dans le pain industriel, les fromages, desserts et sauces) auraient causé l’augmentation de 25% des cancers du sein et d’autres cancers
  • les acides acétiques et autres sels (E260 à E263, dans les plats préparés, sauces et conserves) étaient associés à l’augmentation de plusieurs cancers.

Un lien a également été souligné entre certains additifs alimentaires et l’augmentation des cas de diabète de type 2

  • Les émulsifiants (E466, E433, E471, E472, E412, E407) sont les additifs les plus régulièrement associés au risque de diabète de type 2 mais pas seulement. Ils seraient aussi responsables de la fragilisation du microbiote intestinal.
  • Les édulcorants artificiels, les “faux sucres” (E951, E950, E955) sont aussi pointés du doigt par l’étude, mais encore une fois, rien de nouveau sous le soleil. On retrouve notamment l’aspartame et le sucralose. Si vous êtes habitués aux sucrettes, vous risquez de dérégler votre réponse à l’insuline, votre microbiote et même votre perception du goût sucré

Alors tout ce qui est “light”, sodas “sans sucre”, yaourts et desserts light, chewing-gums, bonbons, sirops, céréales… sont évidemment à bannir. 

“On ne sait plus quoi manger”

Mais tout ça, vous le savez depuis longtemps déjà. Et en particulier si vous faites partie des lecteurs de revues spécialisées et fouillées telles que Secrets de Nutrition.

“On ne sait plus quoi manger !”

J’entends cette phrase régulièrement, et je vous comprends.

Même s’il s’agit du B.A-ba, je vous conseille de préférer les fruits et légumes frais, les légumineuses, les œufs, le poisson frais (et non pas fumé !), la viande achetée directement chez le boucher, et de préférence blanche, les fromages artisanaux, le pain et les viennoiseries artisanales.

Si vous en avez les moyens (car évidemment, ces aliments ultra-transformés sont bien moins chers que les produits bruts et sains), tenez-vous loin des fast-foods, des plats préparés, surgelés, des desserts “sans sucre” et des grandes chaînes de boulangerie.

Vous avez alors tout intérêt à prendre votre panier et à vous rendre sur le marché de votre commune ou dans les fermes de votre village.

Si vous en avez le temps et la possibilité… 

Puisez les aliments et l’information à la source !

Santé ! 

Mélanie Sigali 

P.S.: Et vous, étiez-vous informé de la dangerosité des additifs conservateurs avant de lire cette lettre ? Quels sont vos bonnes habitudes pour les éviter dans votre alimentation ? Laissez-moi vos commentaires ici !

Sources : 

  1. https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/01/08/alimentation-transformee-une-forte-consommation-d-additifs-conservateurs-associee-a-un-risque-accru-de-cancers-et-de-diabete_6660946_3244.html 
  2. Ibid.
  3. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:02008R1333-20221031&qid=1672829146689&from=EN 
  4. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, la dose journalière admissible est de 40 mg par kilogramme corporel et par jour. C’est moins de 2,8 grammes par jour pour une personne de 70 kilos.
  5. EFSA Panel on Food Additives and Flavourings (FAF). (2019). Re-evaluation of phosphoric acid–phosphates – di-, tri- and polyphosphates (E 338–341, E 343, E 450–452) as food additives and the safety of proposed extension of use. EFSA Journal, 17(6), e05674. 
  6. https://www.frc.ch/dossiers/mieux-comprendre-les-additifs-alimentaires 
  7. Magee, P. N., & Lee, K. Y. (1963). Experimental toxic liver injury by some nitrosamines. Annals of the New York Academy of Sciences, 104, 795–803.
  8. Li Y, Hecht SS. Metabolic Activation and DNA Interactions of Carcinogenic N-Nitrosamines to Which Humans Are Commonly Exposed. Int J Mol Sci. 2022 Apr 20;23(9):4559.
  9. Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi F S, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C et al. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort BMJ 2026; 392 :e084917 
  10. Hasenböhler, A., Javaux, G., Payen de la Garanderie, M. et al. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun 16, 11199 (2025). 

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