Chère lectrice, cher lecteur,
C’est la fin.
On a l’impression qu’elles viennent juste d’arriver et pourtant, dans quelques jours, les fraises auront disparu des étals jusqu’à l’année prochaine. Si vous n’en avez pas encore profité cette saison, c’est maintenant ou jamais.
La semaine dernière, je me suis rendue à la ferme voisine qui propose des fraises bio en auto-cueillette. C’est économique et surtout, c’est une chouette activité à partager avec des enfants.
Les fraises que nous avons cueillies étaient d’un rouge profond, sucrées, et leurs arômes intenses. Croquer dans une fraise directement sur le plant, réchauffée par le soleil… c’est un de ces petits bonheurs simples qu’on ne peut pas vraiment décrire.

5 kg de fraises pour une famille de 5… le compte est bon !
J’en ai cueilli tellement que j’ai pu en mettre une bonne quantité au congélateur, que je ressortirai cet été pour faire un sorbet ou une glace (je vous donnerai la recette à ce moment-là).
Cela permet de prolonger le plaisir au-delà de la saison. Mais avant de vous donner des astuces de conservation, j’aimerais vous dire pourquoi vous ne devriez pas avoir peur d’abuser des fraises.
Les fraises vous veulent du bien
Les fraises sont souvent réduites à leur vitamine C – 54 mg pour 100 g[1], soit plus que l’orange ! Mais c’est loin d’être leur seul atout.
Elles prennent soin de votre cœur
Une méta-analyse portant sur 44 essais cliniques a montré qu’une supplémentation en anthocyanes – les pigments responsables de la couleur rouge de la fraise – réduit significativement le cholestérol LDL et les triglycérides, tout en augmentant le cholestérol HDL[2] – plus le ratio LDL/HDL est bas, plus la santé cardiovasculaire est bonne.
Cette étude a également montré une réduction de l’inflammation.
Elles ralentissent le vieillissement cellulaire
Les fraises sont riches en polyphénols – dont les ellagitanins et l’acide ellagique – qui neutralisent les radicaux libres responsables du vieillissement cellulaire et de l’inflammation chronique. Des propriétés anticancéreuses leur sont également attribuées, principalement démontrées in vitro et sur animaux à ce stade[3].
Elles sont douces pour votre glycémie
Malgré leur goût sucré, les fraises ont un index glycémique étonnamment bas – environ 40. Les fraises sont donc un excellent choix même pour les personnes qui surveillent leur glycémie.
Et les pesticides ?
Difficile de parler des fraises sans aborder ce sujet.
Selon le rapport de l’EFSA – l’Autorité européenne de sécurité des aliments – les fraises figurent parmi les fruits présentant les taux de résidus de pesticides les plus élevés en Europe[4].
La raison tient à leur biologie : cultivées près du sol, peau fine, surface importante par rapport à leur volume, elles accumulent naturellement plus de résidus. Et un simple rinçage ne suffit pas à les éliminer complètement.
Le conseil est simple : privilégiez les fraises bio ou issues de circuits courts – fermes locales, marchés, auto-cueillette – chaque fois que c’est possible.
Et si vous achetez des fraises conventionnelles, rincez-les abondamment sous l’eau courante avant de retirer le pédoncule – pas l’inverse, pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans le fruit, ce qui en diluerait le goût.
Profitez-en jusqu’au bout – et conservez le reste
Certes, c’est quand elles sont croquées telles quelles que les fraises sont les meilleures. Mais la saison est courte, et il est malgré tout possible de faire durer le plaisir.
Profitez donc des dernières fraises sur les marchés pour faire le plein. Voici ce que vous pourrez en faire après :
Dans les prochains jours : si vous souhaitez garder vos fraises quelques jours, conservez-les au réfrigérateur sans les laver et sans les superposer. Ne lavez vos fraises qu’en sortie de frigo, et laissez-les 30 minutes avant de les consommer : une fraise froide libère bien moins d’arômes qu’une fraise à température ambiante.
Au congélateur : c’est la meilleure façon de prolonger la saison. Lavez-les rapidement, équeutez-les, puis étalez-les sur une plaque en une seule couche avant de les mettre au congélateur. Une fois congelées, transférez-les dans un sachet – vous éviterez ainsi qu’elles ne forment un bloc compact.
Attention : une fraise décongelée ne se mange plus telle quelle – la congélation brise les cellules du fruit, qui devient mou et gorgé d’eau à la décongélation. Vous devrez donc les transformer : sorbet, coulis, smoothie, compote… là où la texture ne compte plus, mais où le goût et les arômes, eux, restent intacts.
Faites-en de la confiture (mais pas trop sucrée) : s’il ne devait exister qu’une confiture, ce serait la confiture de fraises. Cependant, la recette traditionnelle utilise autant de sucre que de fruits, soit 500 g de sucre pour 500 g de fruits. C’est beaucoup, mais le sucre joue ici un double rôle : il assure la gélification et la conservation.
Bonne nouvelle : on peut réduire la quantité de sucre en ajoutant de l’agar-agar, une algue gélifiante naturelle (disponible en magasin bio et certaines grandes surfaces). Comptez 300 g de sucre pour 500 g de fruits, et 1 g d’agar-agar pour 100 g de fruits. L’agar-agar doit être incorporé en fin de cuisson et porté à ébullition 2 minutes pour activer la gélification. La texture est légèrement différente d’une confiture traditionnelle – un peu plus ferme – mais tout à fait agréable.
Important : si le pot est bien stérilisé et retourné après remplissage, cette confiture se conserve plusieurs mois. En revanche, une fois ouverte, vous devrez la consommer plus rapidement qu’une confiture classique.
Dites-moi en commentaire quelle est votre recette préférée à base de fraises, ou vos meilleures techniques pour les garder plus longtemps.
Bien à vous,
Samira Leroux
Sources :
[1] Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2020, https://ciqual.anses.fr/#/aliments/13014/fraise-crue
[2] Xu L et al., « Anthocyanins, Anthocyanin-Rich Berries, and Cardiovascular Risks: Systematic Review and Meta-Analysis of 44 Randomized Controlled Trials and 15 Prospective Cohort Studies », Frontiers in Nutrition, 2021, DOI: 10.3389/fnut.2021.747884
[3] Giampieri, Francesca et al. “The healthy effects of strawberry bioactive compounds on molecular pathways related to chronic diseases.” Annals of the New York Academy of Sciences vol. 1398,1 (2017): 62-71. doi:10.1111/nyas.13373
[4] EFSA, « Résidus de pesticides dans les aliments : publication des chiffres les plus récents », 2024, https://www.efsa.europa.eu/fr/news/pesticide-residues-food-latest-figures-released